Chloé Riban a le plaisir de vous annoncer la soutenance de sa thèse le mardi 7 juillet à 13h30, en visioconférence depuis l’Université Rennes 2.
 

Titre de la thèse : L’Ecole dans le quotidien de mères de familles populaires ethnicisées. Interdépendance des sphères d’expérience et enjeux de subjectivation.

Composition du jury :
Rapporteures : Sandrine Garcia, Professeure des Universités en sciences de l’éducation  ?  Université de Bourgogne Franche-Comté
                      Françoise Lorcerie, Directrice de recherche émérite en sciences politiques – CNRS / Aix- Marseille Université
Présidente : Agnès Van Zanten, Directrice de recherche en sociologie – CNRS / Sciences Po
Examinateur.rice.s : Daniel Frandji, Maître de conférence HDR en sociologie – Université Claude Bernard Lyon 1
                              Geneviève Zoïa, Professeure des Universités en ethnologie  ?  Université de Montpellier
Directeur de thèse : Pierre Périer, Professeur des Universités en sciences de l’éducation  ?   Université Rennes 2
 
Résumé : Dans le cadre d’une enquête ethnographique de deux ans dans un quartier prioritaire, nous avons rencontré des mères de familles populaires ethnicisées ainsi que des équipes éducatives d’écoles et établissement en réseau d’éducation prioritaire, afin de mieux comprendre les objectifs des projets visant à faire venir les parents à l’école (prévus dans le référentiel de l’éducation prioritaire) ainsi que le quotidien des familles visées par ces dispositifs. Les mères, principales pourvoyeuses de care au sein des familles, sont particulièrement visées par les injonctions relatives au rôle de parent d’élève, dont relève notamment la participation aux « cafés des parents ». Ceux-ci doivent permettre une acculturation de familles dont l’origine ethnique se tisse, dans les discours enseignants, avec l’appartenance de classe, pour caractériser des formes de « décalage » ou justifier un prisme déficitaire.  Le travail maternel, structurant le quotidien des femmes enquêtées, les amène à prendre en charge les liens avec l’institution scolaire et fait émerger l’idée d’une interdépendance de leurs sphères d’expérience, leur vie familiale, professionnelle, intime pouvant affecter leur disponibilité et leurs aspirations s’agissant de la scolarité de leurs enfants. Elles oscillent ainsi entre espoirs scolaires et retraits silencieux, cherchant à préserver une image de « bonne mère » en faisant la démonstration de leur implication, en dépit des nombreuses difficultés quotidiennes et des trajectoires biographiques chaotiques qui façonnent leur rapport au monde et aux institutions. Dans les lieux même de l’école, où des formes d’assignation de rôle peuvent les mettre en cause, certaines se réapproprient les dispositifs qui leur sont destinés, à travers une convivialité féminine permettant de rompre avec un travail éducatif solitaire et d’amorcer un processus d’émancipation. La reconnaissance de leur participation par les équipes éducatives les valorise également. Elle souligne cependant en creux l’absence de celles qui, tenues éloignées de l’institution par des difficultés multiples, ne parviennent pas à entrer dans l’école par les interstices légitimes des projets qui leur sont destinés, jusqu’à devenir des parents « invisibles ».